
Libéré 48 heures plus (trop?) tard de garde-à-vue, Frédéric Beigbeder a tenu sa promesse et publie, à l’occasion de la rentrée littéraire, Un roman français. C’est moi, ou il se la pète un peu avec son titre ? Si le contenu était digne de Laclos ou de Flaubert, je ne dis pas, mais, vous vous en doutez, ce n’est pas vraiment le cas.
Pourtant, c’est, à mon humble avis, un relativement bon cru ”beigbederien”. Il faut dire que je ne suis pas une fan du grand osseux. J’avais bien aimé Dernier inventaire avant liquidation parce que ça m’avait rappelé quelques incontournables que je n’avais pas lu et que je devais de toute urgence ajouter à mon charriot Amazon, mais 99 francs et L’amour dure trois ans m’avaient laissée un peu dubitative.
Pourtant, comme pour le dernier Nothomb, je me suis laissée tenter, décidant de me remettre un peu au goût du jour niveau littérature (ces derniers temps j’avais tendance à ne lire que des auteurs décédés depuis au moins un siècle).
Ce dernier Beigbeder, alors ? Et bien, j’ai envie de dire : Oui, mais, MOUAIS.
D’abord, Beigbeder fait du Beigbeder : un style inattaquable, une érudition étalée à longueur de pages par des références balancées d’une façon qui frôle parfois le snobisme et la pédanterie (il mentionne Holden Cauldfield ou Zelig, comme il évoquerait James Bond ou Bridget Jones), des histoires de drogue et de gardes-à-vue, de l’humour, de l’autodérision alliée à une immodestie parfois cinglante et quelques petites madeleines de Proust savamment distillées.








