
ed.Serpent à plumes. Avec Pilgrim, se mêlent, avec un sens aigu de la construction, l'histoire, l'art, la littérature, le fantastique et la folie. Le programme annoncé aurait de quoi décourager certains lecteurs et pourtant, Pilgrim se révèle aussi un texte à grande vitesse, curieux, aventureux et en perpétuel mouvement.
L'action principale se situe en 1912. Un certain Pilgrim vient de se pendre. Il est retrouvé mort dans son jardin. Quelques heures plus tard, son cœur recommence à battre. Bientôt interné dans une clinique psychiatrique en Suisse, son cas sera suivi par Carl Gustav Jung. La fiction digère lentement la réalité, puisque l'écrivain s'appuie sur de nombreux éléments historiques pour faire progresser son récit. L'étonnement du début de lecture laisse rapidement la place à la logique imparable du romancier. Ce dernier parvient toujours à pousser son lecteur aussi loin qu'il le souhaite. Vinci, Mona Lisa, sainte Thérèse d'Avila, Oscar Wilde et C. G. Jung feront donc partie, avec d'autres, des relations hétéroclites entretenues par Pilgrim, au fil de ses multiples existences, cela sans qu'à aucun instant, la vraisemblance ne soit malmenée.
La beauté du geste de Timothy Findley est bien de nous faire croire que le personnage de Pilgrim ne ment jamais. Il est à la fois cet infatigable voyageur, éreinté par ses vies successives et ce mythomane incurable. La folie n'est qu'une sorte d'acuité de la perception ? Celui qui est considéré comme fou a-t-il simplement atteint depuis longtemps la vérité ?
Résumé et avis de Karim. O





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